la mouette

La mouette qui survola notre baiser ne pouvait se faire d’idée claire de la tension du moment. C’était une des dernières fois que je pouvais l’embrasser, la regarder et la toucher, elle sentait la pomme et le sel de la mer. Elle portait ce jour là une robe qui volait avec ses cheveux, je ne savais pas quoi lui dire, incapable de tout, je tenais sa main, essayent télépathiquement de lui apprendre qu’elle allait manquer à mon jus d’orange les matins, que le sommeil sera long et difficile sans l’engloutissement de nos corps. Le bateau allait partir pour Amsterdam, elle y avait déniché du boulot, une occupation qu’elle désirait depuis longtemps, chef cuisinière dans un établissement moderne. C’est vrai qu’elle savait cuisiner, comme elle savait pleurer et comme elle savait faire tout en y mettant son amour le plus profond. La mer coulait de ses yeux et le silence ne faisait que rendre la situation plus difficile. On s’aimait comme des vivants, mais on savait tous les deux que l’amour ne passait que par le corps et que la distance qui allai nous écarter tuera chaque souvenir de salive que nous avions partagé. Un au revoir avec des espoirs déjà longtemps perdus était notre cadeau d’adieu.

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je voulais son nez

C’était une amie d’une amie, je ne la connaissais pas et je n’ai jamais voulu la connaître. Je l’avais déjà vue avant et j’avais toujours pensé qu’elle ne valait pas la peine d’être connue, elle semblait inintéressante jusqu’à sa manière de respirer. Mais voilà, elle se trouvait assise en face de moi. On buvait des verres entre potes et j’avais la malchance d’être là, à ma place, en face de cette créature qui m’inspirait pitié, comme toute autre pauvre fille. Encore avais-je la chance de la présence des autres, cela m’épargnait de l’écouter, car les petits morceaux de phrases que mes oreilles n’arrivaient pas à fouir me semblaient ne pas faire de sens. Je me concentrais pour ne pas l’écouter et m’approfondit d’avantage sur les discours de Jean. Il parlait de l’éjaculation féminine mais ne savait pas préciser si le liquide éjecté était de l’urine ou un éjaculât semblable à celui de l’homme sauf démuni de spermatozoïdes. Les savants n’étaient pas si sûrs non-plus. L’appellation femme-fontaine viendrait d’un certain Frédérique Gruyer, un psychanalyste quelque part poétique. Il n’en avait jamais croisée dans sa vie mais comptait enrichir son expérience sexuelle par la rencontre d’une telle demoiselle. Il disait se sentir animé par la pensée de goûter à ce nectar mystérieux. C’était une façon de goûter plus profondément l’intimité de la femme. Le baiser, le vagin et le cul ne lui suffisaient plus, il voulait avoir sur sa langue les entrailles de la femme pour véritablement pouvoir connaître sa saveur. Mais il regrettait ne pas savoir comment s’y prendre pour qu’une telle lui passe sous les draps. Il se contentait d’espérer que la chance lui mijoterait une bonne occasion. Aussi demandait-il à table si personne ne connaissait une telle fille. Tout le monde secoua la tête. Pauvre Jean, mais tout le monde a ses désirs sexuels insatisfaits. Les verres se vidaient et il était temps pour une nouvelle tournée. Se levaient les volontaires pour aller au comptoir et advint la situation où je me trouvais seul à table avec cette horrible inconnue à cheveux blonds. Elle était détestable avec ses lèvres déchirées de sécheresse et sa minuscule poitrine qui ne méritait aucun regard. Ses ongles étaient noires comme ceux d’une sorcière et ses yeux gris comme un ciel pluvieux. Je suppliais Dieu de ne pas faire durer ce moment. Elle me regarda et me demanda ce que je faisais dans ma vie. Je lui répondit que je ne faisais absolument rien. Les gens s’inventaient de vivre leur vie. Il y en a qui pensaient que travailler et fonder une famille était un moyen de faire quelque chose. D’autres faisaient du ski et d’autres voyageaient. D’autres encore buvaient et d’autres baisaient. Je ne faisait rien dont mon jugement faisait tomber l’appellation sous faire quelque chose. Je n’avais rien à lui dire sur moi. Je dormais, je mangeais et par moments, je blessais d’autres. – Et toi, qu’est-ce que tu fais ? Elle travaillait dans une cave à vin et je m’en foutais. Les connaisseurs de vin, dont des ministres ou d’autres personnes connues, venaient à flux pour rougir leurs joues. Une fois même avait-elle servit un écrivain new-yorkais, Jonathan Franzen. Elle n’avait encore rien lu de lui mais on lui en avait déjà raconté. Elle avait beaucoup de chance de ne pas encore avoir eu un de ses bouquins entre les mains, il écrivait comme une merde. Certains aimaient tremper du pain dans leur vin et d’autres aiment le mélanger avec de la fumée de cigarette. C’était bien qu’elle parlait, je ne dus pas me forcer à lui raconter n’importe quoi. Elle portait une robe à fleurs comme les gamines et des lunettes qui lui étaient trop grandes. Et c’était à ce moment que je le remarqua, son nez. Une magnifique montage au milieu de son visage. C’était un nez à rendre chaque juif jaloux, d’une grandeur remarquable mais tellement charmante que je me mis à fondre. Je n’avais jamais vu de nez aussi formidablement grand et je ne pouvais pas arrêter de le regarder. Une tête de champignon qui lui sortait entre les yeux, j’en étais fasciné. C’était à ce moment que je réalisa que rien d’autre m’attirait plus chez une femme qu’un gigantesque nez. Il était si long et si rond, j’aurais pu le regarder longtemps pour ensuite le lécher et le manger. Je ne fermerais plus un œil pour ne pas arrêter de le voir. Je voulait le regarder pendant qu’elle conduise, pendant qu’elle dorme et pendant que je l’embrasse. Il était tellement fort qu’il écrasa toutes les opinions sévères que j’avais forgé d’elle. Je ne la trouvais plus bête, désormais c’était une femme agréable avec le nez le plus magnifique qui soit. Je commençais à l’écouter attentivement, car avec un nez pareil, elle pouvait tout se permettre, je la suivrais jusqu’au bout. Je ne sais pas si elle avait remarqué mon changement d’attitude, mais d’un coup cela m’intéressa qu’elle préférait le rosé au blanc, le goût lui semblait plus léger et glissait mieux le long de sa gorge. Je voulais qu’elle ne respire plus jamais par la bouche pour que je puisse inhaler tout ce qui sortait de son nez. Elle habitait un appartement prêt de la place Tileuil, à côté du marchand de journaux. Son voisin était flûtiste, elle avait chaque matin droit à un petit concert inédit qu’elle écoutait en mangeant son croissant. Ces derniers temps il répétait du Bach. Elle mordait donc sagement, avec ses airs innocents de voyeur, dans sa pâtisserie en laissant ses oreilles s’adoucir par les joyeuses mélodies qui traversaient le mur. Tout ce qu’elle disait me semblait désormais intéressant. Elle me regardait, parlait et ses lèvres bougeaient, mais je fixais son nez. Rien d’autre méritait autant d’attention que cette ampoule qui la faisait briller. Les autres étaient retournés à table. On leva les verres à la santé de chacun et on prit une gorgée. Je vis comme son nez trempa la bière et je ne voulais rien d’autre qu’avaler cette petite goûte de son sublime nez.

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les roses de picardie

Je reste ici parce que je n’ai pas le courage d’essayer de m’endormir. Elle ne l’a jamais dit, mais c’est ce qui pouvait se lire dans la fumée qu’elle soufflait. Je l’observais d’en face. La discussion m’ennuyait depuis un certain moment et j’étais content qu’elle était là, le regard fixé sur sa propre pensée. Un voisin racontait qu’il perdait toute notion avec la nature depuis qu’il vivait en ville. Ailleurs, un chauve draguait une fille, il disait qu’elle était belle, qu’elle l’inspirait, des mensonges. Il lui disait qu’il faisait des photos, que c’était un artiste. Il exposait dans une galerie dont le nom semblait maladroitement inventé. La fille se sentait flattée. Elle ne me faisait même pas de la peine. Oui, l’air de la campagne lui manquait vraiment, il buvait à côté de moi. Il souhaitait connaître personnellement la vache qu’il allait manger. Le serveur n’avait pas encore transpiré, il bavardait avec un habitué, des blagues pas rigolotes. Un couple ne se parlait pas. Car chez aucun boucher d’ici n’avait il encore trouvé de la viande dont le sang goûtait la fourche rouillée. Il me restait de l’argent pour une dernière mais je n’en voulais pas. Je ne voulais rien. Je ne voulais pas écouter mes compagnons, je ne voulais pas mon salaire, je ne voulais pas ma vie. J’avais envie de connaître la fille assise et fumante. Il y avait de la place pour une paire de cuisses à côté d’elle. Je m’y installa dans sa même posture. Mes jambes étaient croisés et mon regard dirigé vers l’avant, ne regardant rien. Sa main tenait sa cigarette et son autre main était refermée. Il y avait quelque chose dedans. – Qu’est-ce que tu tiens dans ta main? Elle n’était pas étonnée de ma question et me répondit, comme si elle me connaissait, gardant son regard devant elle. Elle y tenait sa tristesse qui s’enfuyait. – A chaque fois que quelque chose m’est important, je le perds. J’essaye de m’approprier de ma tristesse pour qu’elle m’échappe. Je la tiens fort, comme cela la chance est plus grande qu’elle me glisse entre les doigts.
Cela me semblait convenable, comme le rouge de ses lèvres. – Tu ne tiens pas assez fort, attends, je t’aide. Ma main se refermait sur la sienne et l’appuyait. Je forçais sans lui faire du mal. Son regard se détourna vers moi. – Je m’appelle Alice et je ne suis pas du tout triste. Je n’essayais que de défier le destin mais je m’en fous. Attends, laisse-moi allumer cette cigarette et puis dis-moi qui tu es. Je lui dis mon nom et que mes manières de défier le destin n’étaient pas aussi sophistiquées. Je me contentais de lancer un dé avant d’ouvrir ma porte et selon le nombre sur la face je retarderais ma sortie de quelques minutes. Cela m’avait une fois empêché de monter dans un train accidenté. Elle me dit que ce n’était pas si mal que cela. Elle dit qu’elle était journaliste pour un quotidien et qu’elle avait rédigé l’article sur cet accident si c’était bien celui en avril. C’était celui-là, il y eu des morts, mais pas trop. Je lui dit que je travaillais dans une agence de publicité et que j’attendais trouver autre chose, je n’aimais pas vendre des émotions. Entre la mauvaise haleine, on pouvait entendre les Roses de Picardie. Elle disait détester cette chanson, parce qu’elle était moche et qu’elle invoquait en elle le souvenir de mauvais livres qu’elle avait lus. C’était un signe pour rentrer à la maison. Elle me nota son adresse sur un papier et me laissa avec les restes de son odeur. Elle sentait le vagin et la lavande.

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brigitte

Dieu, cette fille était jolie. Toutes les muses de l’antiquité auraient été jalouses. Mais, sans vouloir pousser le jugement trop loin, il fallait admettre qu’elle était aussi au moins autant bête. C’était une des rares justices du monde où le pendant était égal des deux côtés de la balance. Ses lèvres sensuelles formaient les phrases les plus incohérentes et les plus insensés. Le nature aurait dû bien finir son travail en la rendant muette. Mais cette créature vivait ainsi, belle comme la lune mais vide d’esprit, comme une méduse, et encore cela était assez dégradant pour l’animal. Cette fille se laissait porter par le vent léger qui soufflait dans sa tête. Elle travaillait dans une boulangerie, mais n’avait acquis ce poste que grâce à la brièveté des ses vêtements et aux idées et rêveries sexuelles que ce faisait le gérant à son sujet. Il faut dire qu’elle se trompait souvent avec les commandes et que des fois, il lui fallait un temps exceptionnellement long pour compter la monnaie, mais le panorama qui s’étendait des hauteurs de sa poitrine jusqu’aux longues côtes de ses jambes arrivait à faire retrouver la paix intérieure à chaque client mâle. C’est ainsi qu’elle gardait ce poste qu’un autre plus compétant méritait peut-être. Elle s’appelait Brigitte et venait d’un village de campagne. Si je me souviens bien, son père était fermier. C’est peut-être pour cela qu’elle sentait le lait et qu’elle portait des robes teintées de fleurs. Ses yeux étaient grands et noirs comme ceux d’une vache mais son corps était étroit comme du fil barbelé. Il faut à ce stade souligner que cette fille était digne du Dieu chrétien et enlevait sa petite culotte que pour prendre son bain quotidien. Sans vouloir trop insister sur sa beauté, qui aurait émerveillée un aveugle, je préfère m’approfondir sur l’effet que cette demoiselle exerçait sur son entourage.
Commençons par le boulanger. Celui-ci était dans sa cinquantaine et portait en lui une des frustrations sexuelles les plus lourdes. Sa femme était raisonnablement mignonne à l’époque. Je pense qu’ils s’aimaient parce qu’il y avait les Beatles et le communisme, et que les deux partageaient la même opinion sur les deux sujets. Par la suite ils se sont mariés et ont eu deux enfants. Peu après, elle ne considérait l’occupation de son appétit sexuel plus comme tâche ménagère obligatoire et négligeait son zizi de plus en plus. Le dernier coup d’œil qu’elle y avait jeté était il y a dix ans. Il devait alors avaler la réalité du monde et abandonner son ambition et rêve de jeunesse qui était le fantasme de la convaincre au sexe anal. Depuis, il se soulageait en se masturbant dans sa boulangerie, les matins, quand il y était encore seul. Il préparait les petits pains et les mettait dans le fourneau. Quand ils étaient prêts, il les sortait et les posait dans l’étagère pour qu’ils refroidissent. C’est alors que sa routine commençait. Il choisissait le plus beau, d’habitude le plus étroit, qu’il emmena aux toilettes. Avec ses deux pouces il cassait la croûte et, tel un potier expérimenté, forma une cavité intérieur qui correspondait à son désir du jour. Il laissait alors couler un peu d’eau dans la pâte encore chaude pour rendre son outil plus authentique avant de le forniquer. Il avait alors en tête des visages de clientes. L’été avant l’arrivée de Brigitte, il pensait souvent à Maria, la fille du boucher. Elle étudiait à Milan et ne revenait que pendant les vacances. Ses attributs féminins avaient beaucoup poussés depuis qu’elle était partie. Il aimait s’imaginer que ses lèvres et son vagin goûtaient le jambon de parme. Après son éjaculation, il jetait le pain utilisé dans l’arrière-cour pour nourrir les oiseaux. Bien qu’il était conscient de sa sexualité pitoyable, il n’envisageait plus changer les choses. Il estimait que c’était trop tard pour changer de vie et se consolait avec une voiture respectable. Mais, depuis l’arrivée de Brigitte, un peu de soleil brillait à nouveau dans sa tête. Ce qui le rendait vivant était la possibilité d’un relation sexuelle avec elle. Il s’était déjà imaginé certains scénarios. Dans ses fantasmes, il s’imaginait la poser sur la grande table et lui manger la bouche avant de lui faire l’amour. Pendant la bousculade de l’acte, un sac de farine tomberait sur eux, les couvrant de poussière blanche qui collerait à leur corps à cause de leur transpiration. Leur frottement formerait alors des petites boules de pâte un peu partout sur leur nudité. Après lui avoir éjaculer sur les seins, il s’imaginait récolter toutes ces petites boules de pâte pour les joindre et former un tas assez grand pour en faire un croissant. Il pensait qu’il aurait le goût fade de la passion. S’il pouvait manger ce croissant chaque matin, il serait l’homme le plus heureux du quartier. Mais en réalité, il en était loin de là. Sa relation avec Brigitte restait professionnelle. Il lui donnait des conseils pratiques et la payait en fin de mois. Ce n’était que l’idée qui le réveillait intérieurement et cela suffisait pour le rendre content. Il ne s’imaginait plus des têtes de clientes le matin dans les toilettes, mais reniflait le tablier de Brigitte croyant y distinguer l’odeur de sa sueur. En même temps, se disant qu’il ne trompait personne avec son imagination, il n’avait jamais de mauvaise conscience envers sa femme. Il supportait plus facilement sa frustration sexuelle parce qu’elle été alimentée par de nouvelles sensations qui semblaient être plus réelles. Les seuls qui souffraient de cette nouvelle tournure étaient les oiseaux en hiver, ils ne recevaient plus de pains fourrés.
Mais, la venue de Brigitte n’affecta pas seulement la petite vie du boulanger. Il y avait comme un petit tournant qui se formait dans le village. Les femmes en général avaient remarqué que leurs maris manifestaient une grande motivation pour aller acheter le pain. Tandis qu’avant, la baguette fraîche était plutôt rare sur les tables, elle y était désormais chaque jour. Face à la question de la disparition du pain dur, les maris donnaient des réponses molles et les femmes réalisaient très vite l’origine du phénomène. En s’échangeant après la messe, les conseils mutuels favorisaient un mouvement de révolte auprès de femmes. Il s’agissait de ne pas se laisser faire par cette petite blondinette et qu’elle n’avait en aucun cas plus à offrir qu’elles. Toutes commençaient à ressortir leurs beaux habits et à passer plus de temps devant le miroir. Par exemple Margot, la femme d’un officier de police. Elle était consciente que la relation sexuelle avec son mari ne correspondait sûrement pas aux attentes que lui se faisait. Elle se contentait de baisser sa culotte à chaque pleine lune. Mais elle aimait voir dans ses yeux cette attende qui lui donnait un certain pouvoir sur lui. Et comme la famille était établie, elle ne se souciait pas de ses apparences ou d’éventuelles relations adultères de son mari. Elle recevait beaucoup de compliment quand elle était plus jeune et savait donc qu’elle était porteuse d’une certaine beauté. En pensant être toujours aussi attrayante sans se préparer, cela ne lui avait pas coûté beaucoup de surpassement d’arrêter de s’apprêter. Mais depuis l’arrivée de Brigitte, elle n’arrivait plus à voir cette attente dans les yeux de son mari, lui concentrant son envie sexuelle ailleurs, ce qui lui faisait grande peine dans son petit coeur. En parlant avec d’autres femmes du village, elle avait décidé de se prouver à elle-même que cette nouvelle boulangère ne pouvait pas susciter un appétit plus grand chez son mari qu’elle-même. Elle alla au supermarché pour en revenir avec du rouge à lèvres et du parfum. Désormais, le matin, à la place de regarder la télé, elle regardait le miroir. Le résultat perforait l’oeil. Sa beauté sortait par tous les trous de sa robe. Le mari, ébloui par le résultat, arrêtait de réfléchir et dégustait sa nouvelle femme de toutes les manières. Il en allait ainsi un peu pour tous les ménages du village. Beaucoup de couples revivaient des moments perdus. Il y avait comme une hausse générale de bonheur qui envahissait les maisons.
Mais l’influence de Brigitte ne s’arrêtait pas là. Les rares étrangers qui erraient dans les coins aiment cette atmosphère paisible de dames jolies et de monsieurs rayonnants. Il faut dire qu’un village où les fonctionnaires sont aimables est rare. Les gens se plaisaient et y voyaient un endroit où faire grandir leurs enfants. Il eut un petit afflux de nouveaux habitants de manière à transformer le village en petite ville. Entre les jambes en voyait des grues construire de nouveaux habitats. On voyait surgir des magasins d’habits, des librairies et même un serrurier.
« L’arrivée d’un centre commercial en 1995 symbolisait l’apogée du développement de l’économie de ce petit village au paravent que connu par peu. Le taux d’étrangers était en hausse à cause d’une grande offre d’emploi. Le petit village rural disparaissait sous l’ambition du développement. A part la mémoire des anciens, rien ne rappelle ce que cette ville était il y a vingt ans. Depuis 1997, la ville de Dassigne compte comme exemplaire pour le reste de la France », ainsi le livre d’histoire de mon fils. Il ne comprend pas ce dernier paragraphe. Que signifie apogée? C’est quoi cette affaire avec les étrangers? Aïe, qu’est-ce que je fais? Je me contente de répondre à ses questions où je lui raconte l’histoire de Brigitte? 10 ans sont assez pour comprendre. S’il se limite à l’aspect économique dans la réponse de son examen, cela suffira pour le réussir, mais la vérité fondamentale du développement de la ville restera oublié. De plus je suis sûre que son professeur la connaissait. Ah, Brigitte, quand j’y repense…

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provokatioun an dengem asch

D’Loft ass haut schweier den Hals erofgeotemt gin an daat ass net weint dem dichten Wierder gewiercht mee vill eischter weint den decken Brescht dei d’Meedecher mat vill Suerg presenteiert hun. D’Villecher hun hinnen hannerdrun gepaff an d’Sonn huet se ungelach, alles waat ech net faerdegbruecht hun. Ech sin nemmen lanschtgetreppelt an hun gemach als geng et mer net opfaalen waat se sech fir eng Meih gin hun der männlecher Gemeinschaft ze gefaalen. Ech wollt hinnen deen Moment naischt gin, kee Bleck an keng Opmierksamkeet, schliesslech haetten sie alleng nemmen Eppes dovun gehaat. Ech hat meng Gedanken an an deenen war ech mei stark. Dei Illusioun konnten dei blenkeg Been mer net huelen. Dei verschweesten Ennerärm vun der Zeitungsbuttekverkäferin hun mech zreck an d’Realiteit gezunn, den Tubak ass rem mei deier gin. Firwaat deet sech d’Menschheet daat un mei deier fir seng Cigaretten ze bezuelen, sech d’Suergen vun de Longen ze blosen ass nach een vun deenen eenzegen secheren Werter dei engem bleiwen. Souguer daat wellen se opgin. Et ass kee Wonner dass ech eng Loscht an mer verspieren mech mat menger Fra ze streiden. Dei kann am mannsten eppes dofir. Netverdengter, daat sin dei beschten Streiter, dei kennen eiweg daueren. Sech schloen an kussen ouni ze wessen wou et unfänkt, sech hassen an net wessen firwaat. Sech an den Arm ze huelen an wenschen dei aaner Persoun geng stierwen, dann waer een versechert. Vill leiwer wei selwer stierwen weilt ech dass all dei aaner stierwen. Och wann ech fir sain Leppesteft geng Geft huelen. Den Himmel huet sech mat Wolleken gefellt an kleng Drepsen beflecken den Asphalt. Daat kennt den Blumen genschteg, dei huet een ze weineg gekuckt seitdeem de Summer un war an dei sin weinstens genau sou schein wei geschminkten Aan. D’Allusiounen op scheine Sachen greifen op Blumen zreck. Wei oft hun ech menger Fra gesoot et waer dei rengste Blum. Daat keint ech net emdreinen, meng Fra ass eekleg. An nach geet daat net duer, ze wessen dass meng Fra daat eelensten ass op der Welt, fir mer den Daag ze vermiesen. Waat sin ech fir eng ruppeg Persoun? An daer Fro verdeiwen ech mech net soss kann ech den Owend net an Rou anschlofen. Ech hoffen just dass et den Henn dei do schaissen wou ech mer wenschen hinzesetzen gudd geet. De Bus ass voll an d’Leit richen fiicht an warm no Menschen. Irgenteen schwetzt iwert Schoul, seng Examen waeren schweier, hien weisst net op et bis iwermuer geng duergoen sech den Inhalt vun sengem Fach ze mierken. Een aaneren beschreiwt mat Bereien wei et onmeiglech fir hien wier seng Frendin zum Analsex ze iwerrieden. 2 Kanner tauschen Karten. Wei dei meeschten erausklammen ass de Bussmotor erlichtert. Hien geng eng Schlupp Benzin gebrauchen. Et setzt eng Koppel vis-a-vis. Hat lehnt sain Kapp op sengem Uwerarm, mescht d’Aan zou an probeiert Eppes ze vergiessen. Hien gett him ee Kuss op de Kapp an richt un sengen Hoer. Se richen wei eng Blum, net emgedreint. Hien seet dem Meedchen dass en sech wenscht dass sain Stage gleich riwer waer, hien weillt endlech eng Glace mat em geneissen ouni Drock hannert dem Reck ze hun. Hat summt. Hien seet dass et lang hier wier wou hien richteg vun em genoss haet. Hat summt. Ech hoffen fir d’Glacen dass hir Zongen gudd schmachen. D’Dier geet op an ech treppelen Heem. Well ech firun kuerzem bei de Coiffeur war steiert et mech net dass meng Hoer nass gin.

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le vendeur de poisson

“La mère d’un homme est souvent dite être le centre de sa vie”, ainsi le gars dans la rue de Rodin qui vendait du poisson. A ma question, pourquoi il vendait le fruit de la mer, il me répondit qu’il faisait ainsi car sa mère sentait le poisson et qu’à 23 ans, lors de la mort de son dernier tuteur, le besoin de gagner le pain quotidien se fit et il se dit que, la moule étant dans la famille, la vie ne pourra rien lui reprendre sur ce chemin, car elle le lui avait donné. Et comme je pouvais le voir de mes propres yeux, sa décision n’était pas mauvaise à l’époque, ni ne l’était ce jour là puisqu’il avait de quoi nourrir ses becs à la maison et de quoi emmener sa chérie danser chaque premier samedi du mois. Il eu de la chance que sa mère sentait le poisson, sinon il aurait pu finir marchand de journaux ou bien chauffeur de bus, mais dans ce cas, dit-il, il aurait déjà perdu son travail, les gens ne voulaient plus rien savoir et rouler en voiture. “Sûrement cherchent-ils a s’évader quelque part”, et il les comprenait, “ici il pleut et il y a des crottes de chien à chaque dixième pas. Il cherchent un endroit où l’on peut vivre sans ne pas vouloir aller au travail et ne pas vouloir rentrer à la maison”. Car, il fallait dire qu’il avait le même sentiment par moment. Vendre des poissons, cela marche, mais dans son lit le matin, il avait le sentiment que son courage préférait rester sous la couette plutôt que de vouloir porter toutes les caisses, de plus que son dos le lâchait avec les années. Et puis, sa femme l’énervait bien un jour sur deux, mais il n’avait non plus le courage de l’a quitter, il l’aimait trop, et bien que l’idée de l’assommer lui était déjà parvenue trois ou quatre fois, car elle exagérait quand-même avec sa non-compréhension et son insensibilité face à ses petits idéaux romantiques dont il n’avait jamais voulu abandonner le luxe, il lui devait le reste de l’envie de vivre qu’il avait en lui. Après toutes ses années, le regard de sa femme arrivait à chaque fois à le ressaisir, car il voyait en elle une personne qui incarnait son amour. Il m’expliqua qu’il lui avait donné tout ce qu’il avait de cœur en lui et qu’elle avait fait pareille avec lui. Elle portait dans sa poitrine son cœur et lui portait le sien. Rien ne pourra jamais les séparer puisque le cœur qu’ils portaient n’étaient pas leur propre. S’il voulait retomber amoureux d’une autre fille, sa femme devait lui rendre son cœur, et ceci ne se passerait pas, “puisqu’il est bien trop précieux pour elle. C’est pour cela d’ailleurs qu’elle ne se fait pas de soucis”. Et pareil pour Claudette, elle ne pourra pas tomber amoureuse d’un autre gars, car elle portait son amour dans sa poitrine. Il l’avait rencontrée ici même, il y a dix ou onze ans, elle achetait du saumon les samedis et de la sole les mardis. C’était pour son père qui n’avait plus les jambes pour venir lui-même car un accident de voiture les lui avaient prises. Elle rayonnait et son parfum perça celui du poisson. A la nouvelle de la mort de son père, il réalisa qu’il n’allait plus l’a voir et alla donc aux funérailles pour lui proposer un café. Elle n’avait pas la tête à cela, mais elle ne pouvait pas faire autrement que de l’accepter parce que son poisson rendait heureux son père chaque semaine, et que si un sourire se laissait lire dans les lèvres du défunt, c’était indéniablement en partie à cause du saumon et de la sole. Il allèrent donc boire des cafés dans la brasserie du midi un joli dimanche. Son maladroit et la timidité de Claudette firent qu’ils s’embrassèrent lors du souhait de se revoir. Pourquoi me racontait il tout cela? Et bien parce qu’il en avait envie et qu’il voyait à ma main que j’avais de la patience. “Les gens qui ne portent pas de montre ont le temps. Voilà monsieur, je vous l’offre. Tâchez de mourir avec un sourire”

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l’insomnie n’empêche pas le rêve

J’oubliais le reste du monde dans ses yeux, ils donnaient envie. J’y reconnaissais la vie et le regard de mes enfants. C’étaient des yeux dont plus jamais je ne voulais détourner mon regard de peur de me retrouver. Ils reflétaient une beauté intérieure dont même dieu était émerveillé, parce que son cœur transpirait le sang et l’amour. Son cœur était la graine de l’arbre de la vie. Elle avait les mains les plus douces, celles qui caressent la tête de mes enfants et qui tiennent les miennes. C’étaient des mains dont on demande au mariage et que l’on n’espère jamais arrêter d’embrasser, comme sa bouche. Des lèvres tendres qui suscitent être mordues et sur lesquelles l’on se brûle lorsqu’elles pleurent. Une bouche capable de dire les choses les plus jolies et de dire les choses les plus moches.
Ensemble, on était plus fort et plus beau que l’amour. Je ne voulais qu’elle. Il fallait que je la rencontre.
Cette pensée broyait mes yeux. Je n’apercevait que brièvement les rues, le nécessaire pour reconnaître mon chemin. Une cigarette se fumait dans l’angle de mes lèvres. Quelle chance, je l’avais oubliée. Sa dernière bouffée me permit un petit soulagement avant que je la laisse tomber devant ma porte. Elle avait atterri dans une flaque dans laquelle je voyais mon reflet. Je pris le temps de me regarder, je ne l’avais plus fait depuis quelques semaines. Cela allais, je me tenais bien, mais je sentais une douleur naissante dans mon cou, comme si la limite de l’univers était coincée dans ma gorge.

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